Temps de mars

Dans les forêts du revers

où s'enferme l'hiver

le vent du rejet

s'est mis à souffler

et lance sur nos prés

ses froides giboulées

 

Les hauts futs du refus

étendent leur ombre

A la lisière, la barrière

de ronces est si dense

que l'anémone n'entend plus

la chanson du pinson

 

Le hibou dans son trou

épie la pie

La hulotte tremblotte

Tandis que les freux frileux

craignant pour leur fratrie

criaillent dans la hêtraie

 

Des arpenteurs veulent borner

les champs du voisinage

On surveille les clairières

On clôture les bocages

Apeurés, quelques cerfs

réent dans les halliers

 

De timides rayons, nonobstant

se fraient un chemin dans la brume

Une hirondelle frappe aux carreaux

des fenêtres du hameau

Qui ouvrira le portail du jardin ?

Qui arrosera les plants de romarin ?